– Posted on 26 février 2026Posted in: News Rallyes
Lorsque la FIA a confirmé la nouvelle réglementation concernant le championnat du monde des rallyes à partir de 2027, l’équipe Toyota Gazoo Racing a rapidement confirmé qu’elle serait de la partie avec le développement d’une nouvelle auto sans toutefois donner plus de détails concernant le modèle.
Ce jeudi, alors que Toyota est en préparation sur les pistes en terre du Portugal en vue de la troisième épreuve du WRC 2026 au Kenya avec sa Yaris Rally1, un prototype qui ressemble à une Celica ou une GR86 est apparu sous les yeux des spectateurs dont Marcio Pereira qui a pris quelques clichés photographiques ainsi que des vidéos.
Pour l’heure, l’équipe japonaise n’a rien communiqué officiellement quant à cette auto en essais.
D’autre part seul le préparateur belge Prospeed avec « Project Rally One » a confirmé également la construction d’une auto pour 2027. Les acteurs du WRC actuels Hyundai et M-Sport n’ont rien annoncé pour le moment.
New Toyota WRC27 in development today in Portugal through gravel stages #WRC
– Posted on 16 janvier 2026Posted in: News Rallyes
2026 marque la dernière année des Rally1 actuelles avant le grand changement de réglementation du championnat du monde des rallyes à partir de la saison 2027 et ce pour dix années. Dès la semaine prochaine à partir de mercredi jusqu’à dimanche, la campagne 2026 démarre avec la traditionnelle première épreuve du calendrier : le Monte-Carlo pour finir en novembre en Arabie Saoudite après avoir traversé quatorze pays.
Trois équipes à nouveau, Toyota Gazoo Racing, Hyundai Motorsport et M-Sport vont s’affronter sur les différentes spéciales sur le goudron, la neige et la terre. Parmis les nouveautés cette saison : la Croatie (asphalte) est de retour, le Japon est avancé au printemps et la Sardaigne sera disputée à l’automne pour une dernière édition avant de laisser sa place à Rome l’année suivante (manche asphalte).
Plusieurs changements sont aussi à relever dans les effectifs des trois équipes engagées. On notera tout d’abord les retraites de Rovanperä qui s’est orienté vers les circuits, et Tänak qui désire faire un break avec le WRC.
Le Champion en Titre, Toyota Gazoo Racing va faire évoluer quatre Yaris Rally1 et même jusqu’à cinq sur certaines épreuves via deux équipes. Dans la Team 1, on retrouve pour la saison entière Evans, Katsuta et Solberg qui a été recruté à l’inter-saison. Ogier fait partie également de cette Team mais à temps partiel, à commencer par le Monte-Carlo. Dans la Team 2, comme en 2025 on retrouve Pajari.
Hyundai Motorsport a reconduit Neuville et Fourmaux pour un programme à temps complet. Tandis que la troisième i20 Rally1 sera partagée entre Paddon, Lappi et Sordo.
M-Sport a également opéré un changement dans son effectif avec l’arrivée de Armstrong et la reconduction de McErlean sur une deuxième Ford Puma Rally1.
Trois pilotes privés ont déjà annoncé leur participation dans la catégorie reine avec Sesks qui va effectuer sept épreuves en Ford Puma Rally1, Munster est inscrit au Monte-Carlo en Ford Puma Rally1 et Bertelli quant à lui sera aligné en Suède au volant d’une Toyota Yaris Rally1.
La catégorie WRC2 sera également très intéressante à suivre avec le retour de Lancia en mondial qui va, via Stellantis et le préparateur PH Sport, faire courir deux Ypsilon Rally2 HF Integrale confiées à Rossel et Gryazin. On note aussi le retour de Camilli sur le WRC2 en Skoda Fabia Rally2 tout comme Daprà et Joona, Yamamoto, ten Brinke, Suninen et Schwarz pour une saison complète en Toyota Yaris Rally2. Le double Champion en Titre, Printsport vainqueur du WRC2 2024 avec Pajari et 2025 avec Solberg continue cette fois avec Korhonen.
Calendrier et programmes des rallyes de la saison WRC 2026 disponible ► ici.
En ce début d’année 2026, il est temps de faire un point sur les différents réseaux sociaux de PLANETEMARCUS qui comptent désormais un total de 68196 followers. Cela vous permet de suivre les news et les reportages consacrés au championnat du monde des rallyes en plus du site internet alimenté au quotidien.
Après la mésaventure rencontrée début 2022 suite au piratage complet de mon compte META incluant Facebook et Instagram, la page Planetemarcus sur Facebook a été sauvée après de longues démarches mais malheureusement il a fallu repartir de zéro avec Instagram qui a été perdu définitivement avec près de 14000 abonnés.
Actuellement PLANETEMARCUS est donc présent sur six réseaux sociaux où vous pouvez vous y abonner gratuitement dès maintenant en suivant les liens ci-dessous.
– Posted on 19 décembre 2025Posted in: News Rallyes
En 2027, le championnat du monde des rallyes va entrer dans une nouvelle ère pour une durée de dix ans avec plusieurs axes de réflexion. La sécurité, une accessibilité plus facile par la baisse des coûts et le spectacle préservé. Après le Conseil Mondial de la FIA du 10 décembre dernier, la réglementation 2027 a été adoptée définitivement avec pour objectif principal une ouverture plus large pour attirer un maximum de participants.
Les règles 2027 permettent aux préparateurs de s’aligner aux côtés des équipes usines sous condition de produire dix unités pour le WRC (+ dix autres destinées aux clients) dans les deux ans suivant son homologation et de participer au minimum à la moitié des épreuves lors de la première saison et toutes les manches l’année suivante.
Les WRC27 Rally1 auront les spécificités techniques suivantes :
– La cellule de sécurité et le chassis à cadre tubulaire issus des Rally1 actuelles introduites en 2022, sont la charpente de l’auto qui devra respecter les dimensions suivantes : une longueur comprise entre 4100mm et 4300mm, une largeur maximum de 1875mm, un empattement minimum de 2600mm et une hauteur minimum de 1270mm, via laquelle les constructeurs sont libres de créer une large gamme de conceptions. Le cadre de carrosserie offre donc une flexibilité plus large, en d’autres termes des prototypes pourront évoluer sur les spéciales du WRC sans tenir compte des modèles de production des constructeurs.
– Le moteur est à combustion interne (thermique) turbocompressé de 1,6L développant 290cv avec quatre roues motrices ainsi qu’une boîte de vitesses à cinq rapports. Le tout alimenté par des carburants durables.
– Le système de suspensions et de freinage est repris à l’identique aux Rally2 actuelles.
– Une réduction drastique des coûts pour la WRC27 Rally1 plafonnée à 345000 euros (50% moins cher que la réglementation actuelle). Un objectif clair pour redynamiser l’engouement de s’engager en WRC.
Le WRC 2027 semble donc prendre une belle direction offrant une liberté plus importante et beaucoup moins cher, de quoi donner l’envie aux constructeurs et aux préparateurs de s’engager. Il reste encore une partie importante à développer dans la promotion du WRC et ne pas se contenter de faire du direct avec des caméras embarquées, mais de s’orienter vers d’autres choses pour ramener les fans déçus et les personnes qui ne suivent pas.
– Posted on 17 décembre 2025Posted in: News Rallyes
Fondée par l’ingénieur Lionel Hansen (Ex-Citroën Racing, Kronos et DG Sport) et Yves Matton (sous la houlette du préparateur belge Prospeed), Project Rally One vient de confirmer son arrivée sur le championnat du monde des rallyes en tant que constructeurs à l’horizon 2027 grâce à la nouvelle réglementation.
L’auto qui sera utilisée n’a pas encore été dévoilée ni même les futurs pilotes, mais les premiers essais vont démarrer au printemps 2026 sur asphalte et sur terre.
A noter que le nouveau réglement WRC 2027 permet aux préparateurs de s’aligner aux côtés des équipes usines sous condition de produire dix unités pour le WRC (+ dix autres destinées aux clients) dans les deux ans suivant son homologation et de participer au minimum à la moitié des épreuves lors de la première saison et toutes les manches l’année suivante. Une bonne nouvelle pour le WRC qui ouvre donc la porte à de nouveaux projets comme celui-ci confirmé officiellement aujourd’hui.
– Posted on 26 novembre 2020Posted in: News Rallyes
Dimanche 26 Novembre 2000 ! Après une campagne de quatorze pays visités à toute vitesse et pas moins de 6000kms de spéciales, Marcus Grönholm, accompagné de son fidèle copilote beau-frère Timo Rautiainen, sort de la 206WRC au milieu du parc national de Margam en Grande-Bretagne : ils sont champions du monde des rallyes !
Le coup de génie de Jean-Pierre Nicolas
L’histoire commence en Décembre 1997 quand, après avoir triomphé avec la 205T16 par le passé, Peugeot décide de revenir sur le championnat du monde des rallyes à partir de 1999 en visant une première saison complète en 2000. Sous la houlette de Corrado Provera (Directeur Sportif), Jean-Pierre Nicolas (Responsable compétition rallye Peugeot Sport), Michel Nandan (Chef de projet 206WRC), FX Demaison (Ingénieur) entre autres, Peugeot Sport démarre le développement de la nouvelle lionne au printemps 98 : la 206 WRC.
Jean-Pierre Nicolas prendra une décision importante en 1998 quand il décide de recruter un jeune pilote finlandais, Marcus Grönholm, quintuple champion de rallye dans son pays (1991-1994-1996-1997-1998) pour évoluer aux côtés de Gilles Panizzi et François Delecour. Il ira lui-même le chercher en Finlande pour le convaincre de piloter la Peugeot 206WRC en mondial. L’histoire est en route et la suite on la connaît : pari réussi ! Succès total !
Monte Carlo : la panne
Motivée par l’expérience acquise en 1999 sur quelques rallyes et conscient du potentiel à venir, l’équipe Peugeot Sport se présente en grandes pompes au premier rendez-vous de la saison au Monte Carlo avec trois exemplaires de la Peugeot 206WRC. Malheureusement pas le moindre kilomètre ne sera effectué avec un échec retentissant puisque les trois autos ne vont pas démarrer dès le premier matin du rallye : c’est un triple abandon !
La première mondiale en Suède
Après le raté monégasque, Peugeot Sport ressert les boulons et l’osmose prend forme avec Marcus Grönholm qui s’offre sa toute première victoire mondiale et ouvre le palmarès de victoire de la 206WRC. Une récompense pour toute l’équipe après le travail accompli depuis plusieurs mois.
La montée en puissance vers le titre !
Lancé à pleine vitesse à travers les plaines de Nouvelle-Zélande, l’équipage finlandais décroche une deuxième victoire avec la 206WRC puis une troisième un mois plus tard à domicile au coeur de l’été en Finlande qui répresente une étape importante pour Marcus prophète en son pays, le déclic ?
Le goudron ne va pas non plus résister à la 206WRC puisque les batailles en Corse et au San Remo entre Panizzi et Delecour verront triompher par deux fois la bombinette de chez Peugeot Sport.
Marcus Grönholm reprend ensuite la main en Australie où il gagne à nouveau et surtout offre à Peugeot Sport le titre de champion constructeur pour la première année en compétition de la 206WRC.
Une quinzaine de jours plus tard en Grande-Bretagne, la fête sera encore plus belle pour Marcus Grönholm qui, malgré la victoire de Richard Burns, termine la saison avec une deuxième place et avec le titre de champion du monde pilote dans la poche ! Première saison complète, première victoire en mondial (quatre au total) et premier titre WRC. L’histoire est un éternel recommencement puisque deux ans plus tard au terme de la saison WRC 2002, Marcus double la mise en devenant double champion du monde WRC toujours au volant de la 206WRC.
Aujourd’hui 26 Novembre 2020, j’ai décidé en tant que grand fan de Marcus Grönholm et Timo Rautiainen depuis leurs débuts, de marquer le coup et de fêter avec les internautes les 20 ans du premier titre de champion du monde WRC. J’ai donc contacté Marcus et Timo pour une série de questions afin de se remémorer la saison 2000, mais aussi Jean-Pierre Nicolas qui a eu la fabuleuse idée de recruter ce pilote finlandais pour l’amener vers deux titres de champion WRC ainsi que FX Demaison qu’on ne présente plus et qui a participé activement à la réussite du package auto-pilote en tant qu’ingénieur. Vous retrouverez ci-dessous les interviews de chacuns. Un grand merci également au journaliste Vincent Renvoizé pour son aide précieuse tout au long de ce projet.
__________________________________________________________________________________________________
Bonjour Marcus et Timo ! Vingt ans se sont écoulés depuis le 26 Novembre 2000 mais nous n’avons pas oublié, je n’ai pas oublié ce premier titre WRC acquis au volant de la Peugeot 206WRC. Après avoir suivi votre carrière depuis le début jusqu’à aujourd’hui, m’être rendu sur vos essais, sur vos rallyes, avoir vibré lors de vos passages sur les spéciales, vécu de supers moments conviviaux à chacunes de nos rencontres je tenais à vous rendre hommage par cet article pour fêter votre premier titre de Champion WRC 2000. L’aventure planetemarcus qui a démarré en 2003 sur internet perdure et encore une fois vous répondez présent en ce jour important pour vous deux pour répondre à quelques questions pour mon article. Merci Marcus ! Merci Timo ! Comme le slogan du rallye de Finlande le disait more than a rally, moi je dirais à mon tour more than a driver and a codriver !
MARCUS ► Comment l’aventure Peugeot Sport a démarré pour toi ? Jean-Pierre Nicolas t’a recruté comment s’est passé les premiers contacts avec lui ?
– C’était au Rallye de Finlande 1998. Jean Pierre et Xavier (Carlotti) étaient venus suivre le rallye et prendre quelques contacts sur place. Jean-Pierre s’est approché à un point stop près de l’auto le vendredi soir et alors que la fenêtre de la portière était ouverte, il m’a lancé un « il faut qu’on discute ! ». Le soir même, nous avons convenu d’un rendez-vous à l’hôtel où il m’a expliqué le projet Peugeot Sport en préparation avec une nouvelle auto avec l’ambition que je sois l’un des pilotes ! Après ce rallye j’ai eu des offres de plusieurs équipes mais ma décision s’est tournée vers Peugeot Sport. Pas un mauvais choix !
TIMO ► Quand Marcus t’a annoncé, on va rejoindre Peugeot Sport pour rouler en mondial une saison complète ! Quelle a été ta réaction ?
– Les semaines qui ont suivi le rallye de Finlande en 1998 ont été très spéciales pour nous. Plusieurs équipes avaient contacté Marcus pour un contrat. J’étais heureux car notre rêve devenait réalité. Aussi notre première saison en 1999 a été bornée à quelques rallyes et le plan en 2000 n’était pas une saison complète à l’origine.
MARCUS ► Rejoindre une équipe 100% française avec un staff français, des mécanos français, des ingénieurs français et même des coéquipiers français (Panizzi-Delecour) comment s’est déroulée l’intégration ? Pas de doute ?
– On a été très bien accueillis. Évidemment, il y avait la barrière de la langue au début, mais tous les ingénieurs parlaient couramment l’anglais et la plupart des mécaniciens aussi. On s’entendait bien avec François, Daniel, Gilles et Hervé.
TIMO ► Rejoindre une équipe 100% française avec un staff français, des mécanos français, des ingénieurs français et même des coéquipiers français (Panizzi-Delecour) comment s’est déroulée l’intégration ? Pas de doute ?
– Non, aucun doute. J’ai même commencé à prendre des leçons de français ! Malheureusement, je n’ai pas continué assez longtemps pour apprendre la langue. D’un autre côté, ce n’était pas nécessaire non plus, puisque tous les échanges se faisaient en anglais, seule la communication radio pendant le rallye était principalement en français, donc j’ai rapidement appris les nombres et les temps en français!
MARCUS ► La 206 WRC ! Quelle auto ? L’osmose parfaite malgré ton grand gabarit dans cette petite auto facile à dompter ?
– Il s’agissait de la première « nouvelle spécification » du WRC, fabriquée dès le départ avec toutes les exigences et possibilités permises par les nouvelles règles de la FIA. Même si c’était une petite auto, j’ai réussi à trouver une très bonne position de conduite. Seulement la hauteur était un petit problème, j’avais l’impression que mon casque touchait tout le temps le toit.
TIMO ► Quels étaient tes interlocuteurs chez Peugeot ? Uniquement FX Demaison ?
– Il y avait plusieurs personnes chez Peugeot Sport avec qui je gardais tout le temps un contact étroit dans plusieurs domaines comme l’administration, la logistique pour la planification de voyages pour les tests et les rallyes. Pendant les rallyes, les principaux contacts étaient évidemment nos mécaniciens, nos ingénieurs et la direction de l’équipe. Et nos coéquipiers, bien sûr!
MARCUS ► Ton ingénieur FX. Un lien si particulier pour que tu acceptes de revenir il y a quelques années pour tester la VW Polo WRC 2017 ?
– FX a été nommé ingénieur de course lors de notre premier rallye avec la 206WRC en 1999 lors du rallye de Grèce. C’était sa première expérience en rallye. Nous avons eu une relation exceptionnelle dès le début et il a rapidement compris tout ce dont nous avions besoin pour peaufiner la voiture à mon goût. En effet, nous avons gardé le contact depuis mon retrait de la compétition mondiale en 2007.
TIMO ► En tant que copilote quel a été ton ressenti à bord de la Polo WRC 2017 lors des essais, gros changement par rapport à la génération que tu as connu ?
– Oui, énorme. Non seulement le moteur plus puissant, mais aussi l’aérodynamisme et la suspension. Des sensations incroyables, rapide dans les virages et les sauts.
MARCUS ► La toute première victoire en mondial en Suède ? Tout un symbole – la plus belle des 30 victoires acquises en WRC ?
– La première victoire est toujours un super souvenir, et ce fut aussi la première victoire pour notre équipe avec la 206WRC. Mais ma première victoire en Finlande six mois plus tard était aussi importante pour moi !
TIMO ► Si tu devais choisir la plus belle victoire des 30 ?
– Difficile de choisir entre la Suède et la Finlande durant la saison 2000. Egalement une belle victoire mémorable en 2007 au Rallye de Nouvelle-Zélande avec la Ford Focus WRC face à Sébastien Loeb remportée de trois dixièmes !
MARCUS ► Première année en mondiale, première victoire et premier Titre ! Une année parfaite – que représente ce premier titre mondial pour toi ?
– Le plan en 2000 n’était pas une saison complète, Jean-Pierre avait prévu seulement le Monte Carlo puis les rallyes sur terre. Après la victoire en Suède (dès le dimanche soir) nous avons commencé à discuter avec Corrado Provera et Jean-Pierre, pour piloter toute la saison. Ce premier titre est bien sûr très important pour moi pour des raisons évidentes vu le niveau de la compétition de l’époque où le WRC a vu six vainqueurs différents.
TIMO ► A l’arrivée de la dernière spéciale du championnat 2000 tu es champion avec Marcus, te rappelles-tu des premiers mots que tu as dit à Marcus ?
– Non, mais probablement en criant et en jurant ! J’ai dû vérifier sur Youtube (rires), je peux m’entendre dire « Jumalauta! » qui est un juron finlandais.
MARCUS ► Si quelque chose était à refaire en WRC, que ferais-tu ? Ne pas partir si tôt fin 2007 ?
– Oui, c’est une possibilité. Il est certain que j’avais encore la vitesse pour continuer et de me battre pour des victoires. Mais d’un autre côté, j’ai toujours voulu m’arrêter quand j’étais encore capable de gagner des rallyes. Peut-être qu’une autre saison aurait pu être possible.
TIMO ► Ton plus beau moment en WRC ?
– Tellement de bons souvenirs ! Mais si je devais en garder un seul, ce serait peut-être le premier titre.
MARCUS ► Le Dakar ? J’ai toujours oublié de te poser cette question à nos multiples rencontres, n’as-tu jamais été tenté de faire ce rally-raid comme par exemple Ari Vatanen l’a fait par le passé ?
– Non ! Je n’ai jamais été intéressé par le Rally-Raid.
TIMO ► Toujours impliqué dans le monde du WRC, tu es maintenant vice-président de la commission WRC, peux-tu nous résumer ta mission ?
– Depuis 2011, je suis Steward des rallyes WRC, d’abord en tant que second Steward désigné par la FIA, puis depuis 2015 en tant que Président des Stewards. Au cours des deux dernières années, j’ai été le délégué sportif de la FIA sur certains rallyes.
__________________________________________________________________________________________________
Bonjour Jean Pierre Nicolas ! Pilier de la réussite de Peugeot Sport durant les années 2000 entre autres, PLANETEMARCUS vous remercie de votre gentillesse d’avoir accepté de revenir en quelques questions sur la saison WRC 2000 qui a vu le sacre de vos protégés Marcus Grönholm et Timo Rautiainen champion du monde à bord de la Peugeot 206WRC.
Engagé sur la Formule 1 en tant que motoriste et en championnat de France des rallyes comment avez-vous convaincu la direction Peugeot de se lancer sur un programme WRC ?
– Les résultats en F1 n’étaient pas au niveau attendu, sauf notre première année avec Mac Laren où nous avions fait huit podiums, ce qui était très encourageant pour une première participation en F1. Les années suivantes avec Jordan puis Prost GP ne furent pas brillantes, alors qu’au niveau compétition clients on remportait deux titres de champion de France avec Gilles Panizzi sur la 306 Maxi. Résultats d’autant plus remarqués que c’était contre les Renault officielles de Ragnotti et Bugalski. Juste ce qu’il fallait pour redonner envie à la Direction Générale de PSA de revenir en WRC.
Le programme 306 Maxi avait un soutien total des directions commerciales France et Europe, de la direction du style, et du réseau des concessionnaires. La direction de Peugeot ne pouvant ignorer le succès et l’engouement pour le rallye, était pratiquement autoconvaincue qu’il fallait aller en WRC.
Corrado Provera, directeur de la Communication de Peugeot, ayant été nommé en même temps directeur de Peugeot Sport en 98, il n’a eu aucun mal pour arracher la décision finale auprès des dirigeants.
A partir de là il m’a demandé de monter l’équipe de A à Z, pilotes, ingénieurs, mécaniciens, logisticiens, etc… C’était le départ de la nouvelle aventure.
Très peu connu dans le monde du rallye, vous allez chercher vous-même Marcus en Finlande. Sur quels critères votre choix s’est-il porté ?
– Pour le championnat, en fonction des terrains, je voulais une équipe de trois pilotes :
► un spécialiste asphalte, nous avions le meilleur avec Gilles Panizzi,
► un pilote polyvalent, très bon partout, nous avions un des meilleurs possibles avec François Delecour,
► un spécialiste terre, et là pour être au niveau de nos concurrents il fallait chasser à l’étranger un gars capable de sortir des temps au RAC, en Suède, en Finlande, en Nouvelle-Zélande. J’avais prévu de partir suivre en observateur le rallye de Finlande 1998 en compagnie de Michel Lizin, le spécialiste WRC chez Auto Hebdo. J’avais en main quelques CV de pilotes mais celui de Marcus, plusieurs fois Champion de Finlande, avec un modèle CV bien détaillé, quelques participations en WRC avec l’usine Toyota, nombreuses sorties de route, était celui pour lequel avec notre Team Manager, Xavier Carlotti, nous avions une forte préférence. N’ayant pas ses coordonnées personnelles, Michel Lizin m’a servi d’intermédiaire et rendez-vous a été pris au Scandic Hôtel à Jyvaskyla.
Premier contact avec Marcus ? Dites-nous comment cela s’est passé ? A l’occasion de quel rallye ?
– C’était donc à Jyvaskyla, ville de base du rallye de Finlande, en Aout 1998, à l’Hôtel Scandic, où était descendu l’équipe Toyota. Marcus m’attendait dans sa chambre. Il était venu sur le rallye avec toute sa famille. Il y avait Teresa et tous ses enfants, ça courrait dans tous les sens. Inattendu, mais tellement simple et sympa, que j’étais emballé par cette ambiance.
On trouve un coin pour s’asseoir, parler du projet Peugeot, de la voiture, de l’équipe technique en cours de formation, du programme. Le courant passe entre nous et je sens la confiance réciproque. On se met d’accord sur les conditions de notre collaboration. Je n’avais pas de contrat à lui faire signer, étant juste venu en observateur pour plusieurs pilotes.
L’entrevue ayant été très positive, le contact très franc, on s’est serré la main en guise d’accord et on s’est quitté là-dessus. Marcus avait tapé dans ma main, et c’était l’essentiel.
Et après ce rallye il avait une proposition de Ford, Malcolm Wilson, mais Marcus a respecté son accord moral avec moi, avec Peugeot. C’est pas seulement un grand pilote, c’est un grand MONSIEUR qui respecte ses engagements.
A votre époque de pilotes, les places du WRC étaient souvent trustées par les pilotes scandinaves, n’avez-vous pas eu de crainte à reproduire le même schéma ?
– Non, quand on dirige une équipe de course d’un grand constructeur mondial comme Peugeot, on doit faire les meilleurs choix pour gagner, la nationalité des pilotes importe peu. Nous avions déjà deux français (Delecour/Panizzi) capables de remporter des victoires. Marcus a dès 1999 et ses premières participations pris le dessus, devenant rapidement l’homme à battre en WRC, ce qui était le plus important.
Une anecdote avec Marcus ? Votre plus beau souvenir avec lui ? Un regret ?
– Bien sûr sa première victoire avec nous, la Suède 2000, mais aussi chaque victoire était un tel bonheur. Je crois que le meilleur de Marcus c’est surtout sa capacité à rassembler autour de lui.
Il est vite devenu le chouchou des mécanos par ses performances, mais aussi par sa gentillesse et son professionnalisme. Pour Marcus les gars étaient prêts à déplacer des montagnes. L’émouvant dans tout ça c’est la communion qui existait entre le couple Marcus/Timo et toute l’équipe Peugeot Sport.
Mon grand regret c’est que nous n’ayons pas été en mesure de lui donner une 307CC WRC au niveau qui lui aurait permis de conquérir encore deux ou trois titres.
Quelle question voudriez-vous poser à Marcus puis à Timo ?
– Je n’ai pas de question particulière : je veux simplement leur dire qu’ils font partie de mes meilleurs souvenirs dans ma longue carrière de pilote ou de dirigeant en sport automobile, et que nous (le nous représente toute l’équipe Peugeot) avons eu beaucoup de chances de pouvoir collaborer avec eux.
__________________________________________________________________________________________________
Bonjour FX ! Nous voilà vingt ans après le premier sacre de Marcus Grönholm et Timo Rautiainen sur le WRC à bord de la Peugeot 206WRC. La bombinette de chez Peugeot Sport qui a marqué l’histoire du sport auto et où vous avez joué un rôle déterminant en tant qu’ingénieur du pilote finlandais. Pour fêter ce sacre, PLANETEMARCUS vous a convié à répondre à quelques questions que vous acceptez avec gentillesse.
Pouvez-vous nous raconter votre arrivée en quelques mots au sein de l’aventure PEUGEOT SPORT dans les années 2000 ? Nommé ingénieur d’un pilote scandinave peu connu, un nouveau challenge à relever ?
– Après mes débuts chez Peugeot Sport au département moteur F1 j’étais passé dans l’équipe Tourisme en tant qu’ingénieur de piste. Au début 2000 toute l’équipe Super Tourisme est passée au WRC et parlant anglais je me suis retrouvé avec le seul pilote étranger de l’équipe ! Le plus gros challenge pour moi alors aura été la découverte du rallye à ce niveau. Mais bon l’équipe entière à part Michel Nandan n’avait que très peu d’expérience à ce niveau donc on a tous progressé ensemble.
Comment s’est déroulé la prise de confiance entre vous et Marcus ? Un lien de complicité doit forcément s’établir entre le pilote et son ingénieur pour une réussite totale ?
– J’ai fait la Corse 99 avec François et puis j’ai enchaîné avec Marcus en Grèce. Découverte de la terre et du WRC, Marcus était en tête après la première spéciale à Athènes mais a dû abandonner ensuite, pas le meilleur départ pour créer une relation mais ensuite on a passé des semaines en essais en Finlande ce qui m’a permis de lier des liens avec Marcus et Timo en buvant quelques bières ensemble.
Comment l’avez-vous aidé à s’intégrer dans une équipe 100% française ? Une phrase magique pour le mettre confiance, le pousser ou le freiner ?
– Très vite avec sa gentillesse en-dehors et dans la voiture il a créé des liens étroits avec tous les membres de l’équipe, sa simplicité dans les rapports humains a aussi beaucoup aidé à son intégration. Ensuite, très vite, il a fait des temps avec la 206WRC en plus de quelques sorties de route qui ont construit sa légende !
A quel moment vous comprenez que vous détenez un champion en puissance ?
– Pour moi le déclic est venu en Nouvelle-Zélande 2000, il a battu Tommi Mäkinen et Richard Burns et s’est placé idéalement dans la bagarre pour le titre. C’était son second succès après la Suède où pour tous les observateurs sa victoire était possible par contre en Nouvelle Zélande il a impressionné tout le monde.
Une belle relation et un beau souvenir puisque VW via votre appui a sorti Marcus de sa retraite pour tester la nouvelle Polo WRC 2017 pour plusieurs essais de développement. Pourquoi avoir pensé à Marcus ?
– Tout simplement car hormis notre amitié, Marcus avec ses années d’expérience sait ce dont vous avez besoin pour gagner des rallyes et surtout des championnats et non pas seulement régler la voiture pour les vingt virages de la base d’essai. Son feedback a été très important pour donner les bonnes directions à notre équipe d’ingénieurs.
La première victoire en suède 2000 : la délivrance, la récompense du travail. Comment a-t-elle été vécue de votre position ?
– Cela a surtout été la délivrance après l’affront du Monte Carlo et les trois voitures arrêtées à Gap !
Le plus beau souvenir durant 2000 ?
– Le podium en Grande-Bretagne avec la seconde place synonyme de titre pilote après le titre constructeur obtenu en Australie. C’était enfin la reconnaissance de l’énorme effort de toute l’équipe.
__________________________________________________________________________________________________
La Peugeot 206WRC était née pour gagner ! Marcus, Timo, Jean-Pierre, FX et tous les membres de l’équipe Peugeot Sport vous l’avez fait et vous avez marqué à tout jamais les esprits de tous les fans de rallyes automobiles. BRAVO et MERCI !
Jérémie.